Ces logements destinés aux personnes âgées encore autonomes sont en plein développement et deviennent plus abordables. Le point sur les différentes formules. résidences seniors
D’après le pointage effectué en juin 2011 dans une étude du cabinet Xerfi, la France ne compte actuellement que 250 résidences et villages seniors, soit moins de 20.000 places. Jusqu’à présent, ces logements souffraient de deux handicaps: les clients potentiels connaissent rarement le concept et les autres en ont une mauvaise image. Bon nombre de personnes les assimilent à des maisons de retraite médicalisées alors que ces résidences visent un public plus jeune. Ensuite, leur coût est réputé prohibitif. «Ce marché a beaucoup pâti de l’image des résidences d’ancienne génération, souligne Sophie Schmitt, directrice associée de Seniosphère, cabinet spécialisé dans le marketing senior. Ces copropriétés haut de gamme décidaient des services à proposer et les géraient directement, mais cela pouvait mener à des charges particulièrement élevées.»
Des « villages séniors »
Aujourd’hui, le marché s’est élargi vers la gamme moyenne. Les «villages seniors» s’adressent aux plus jeunes retraités qui achètent le plus souvent leur logement. Ils viennent généralement s’installer en couple et n’hésitent pas à quitter leur région pour se rapprocher du soleil. Ils recherchent des copropriétés sécurisées, conviviales et leur offrant quelques services. Très peu de ces derniers sont proposés sur place, mais les résidents disposent d’un interlocuteur chargé de les aider ou de trouver des prestataires extérieurs. Dans ce créneau, les Senioriales, qui comptent une trentaine de réalisations, proposent des appartements au prix moyen de 250.000 euros pour 80 m².
Depuis peu, le concept est également décliné en ville où il faut compter 180.000 euros pour un appartement de 50 m². Du côté des charges, elles se situent entre 140 et 180 euros. Les Villages d’Or proposent le même genre de produit. Compter 2900 à 4200 euros du mètre carré habitable et 550 euros en moyenne pour louer un 2 pièces. Les charges, elles, sont évaluées à 120 euros par mois. Quant aux résidences seniors avec services, elles connaissent un développement plus fort encore. Elles s’adressent plutôt à un public à partir de 75 ans. Elles intéressent souvent des retraités qui ont perdu un conjoint et qui recherchent plus de prise en charge. Les logements sont plus petits que dans les villages, avec une majorité de 2 pièces, et se situent à proximité de l’ancien logement des résidents. Ils trouvent là un habitat adapté mais surtout des salles de sport et d’activités pour éviter la solitude ainsi qu’un restaurant et l’accès à de nombreux petits services.
Evidemment, la facture s’en ressent, mais la formule a été optimisée au fil des années. Désormais, la plupart des services sont proposés à la carte: cela permet au client de moduler selon ses besoins, tandis que le propriétaire s’évite des charges prohibitives. Seule différence: certains gestionnaires proposent des forfaits (notamment demi-pension et pension) et d’autres non. Chez Domitys, qui compte déjà une vingtaine de résidences et autant en projets, le loyer moyen (charges locatives comprises) s’établit entre 600 et 700 euros. Il convient ensuite d’ajouter les services qui s’élèvent à 800 euros en moyenne, notamment du fait de la restauration du midi plébiscitée par 70% des résidents. Aux Jardins d’Arcadie, autre enseigne comptant une dizaine de résidences, on estime à 1000 euros par mois le ticket moyen. Ici, les loyers s’établissent autour de 600 euros (avec des pointes jusqu’à 1600 euros à Lyon) et il faut compter une dizaine d’euros pour le repas du midi, la moitié pour le soir et autour de 20 euros par heure pour des services à la personne (livraison de courses, accompagnement à pied ou en voiture…).
On retrouve les mêmes estimations à La Girandière, autre enseigne nationale, avec des tarifs moyens autour de 1000 euros par mois pour une personne seule et 1650 euros pour un couple, incluant services de base et repas de midi.«La note se situe souvent entre 1200 et 1500 euros pour une personne seule, reconnaît Sophie Schmitt. Psychologiquement, c’est une grosse somme, surtout pour des gens qui ont été propriétaires jusque-là. Mais ils ne se rendent pas compte que leur ancienne maison représentait souvent des charges au moins aussi importantes.» Dans son étude, le cabinet Xerfi note aussi que le passage à des services à la carte et la réduction du nombre des services proposés «permet d’abaisser les prix proposés aux locataires, d’élargir la base de clients potentiels et ainsi de maximiser les taux de remplissage».










