
À l’heure où le racisme, le sexisme ou encore l’homophobie sont constamment au cœur des débats, il existe un préjudice dont la plupart des personnes ignorent : l’âgisme. C’est une forme de discrimination profonde qui est normalisée dans notre société.
Et pourtant, celle-ci peut être un réel facteur de mal-être. Au sein des résidences seniors en France, l’âgisme est un combat quotidien pour le bien-être des personnes âgées.
L’âgisme désigne toutes les formes de discriminations, de ségrégation ou encore du mépris basé sur l’âge d’une personne. Le terme d’âgisme fut proposé par Robert Butler, un gérontologue, en 1969. Ce terme désigne toutes les discriminations touchant les personnes âgées. Butler définissait ce terme “comme un profond désordre psychosocial caractérisé par des préjugés institutionnalisés, des stéréotypes ainsi que l’établissement d’une distance et d’un évitement vis-à-vis des personnes âgées”. Cette forme de préjudice s’est construite sur une crainte de perdre de sa beauté ou de sa performance. Le gérontologue, souhaite donc par ce terme, alerter une tendance des sociétés occidentales à vouloir valoriser la beauté, la force ou encore la performance. En dénigrant les facteurs de vieillesse normaux et inévitables. De nos jours, l’âgisme est utilisé pour toute personne victime de discrimination sur son âge en général.
Les remarques âgistes sont pour la plupart des “compliments” qui soulignent l’âge d’une personne. Celles-ci prennent également une forme protectrice ou misérabiliste, car les seniors sont souvent surprotégés et donc privés de leurs libertés. Dans les deux cas, les remarques sont une forme de discrimination. Les expressions âgistes sont des stéréotypes et des caricatures des personnes âgées.
On retrouve parmi les expressions les plus récurrentes :
Finalement, le mépris de l’âge est omniprésent au sein de notre société et plus particulièrement au sein du milieu de l’emploi. Mais également, lorsqu’une personne souhaite avoir accès à une formation continue, à des aides ou encore à certains soins. Le vieillissement est donc une appréhension alors que celui-ci fait partie de la vie. Certaines personnes nient alors leurs âges, afin d’éviter les discriminations.
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La discrimination de l’âge se manifeste de plusieurs manières. En effet, cette discrimination vise à exclure les personnes âgées à travers des attitudes et des préjugés. De plus, des pratiques institutionnelles perpétuent les stéréotypes de l’âge au sein de la société.
Une autre forme de problème face à l’âgisme est perceptible à travers les soins médicaux des seniors. En effet, il est constaté que la plupart des personnes âgées sont victimes de sous-diagnostic. Notamment, avec une négligence dans les soins apportés, un isolement ou encore une non-prise en charge des douleurs de la personne. De plus, les médias renforcent les stéréotypes concernant les seniors, ce qui a un réel impact dans la société. Par exemple, les seniors qui apparaissent dans les médias sont pratiquement tous en maisons de retraite. Cela donne donc une image péjorative, car les personnes associent les maisons de retraite comme des lieux de fin de vie où les seniors sont atteints de maladies plus ou moins graves.
Alors, on peut se demander si l’âgisme touche de nombreuses personnes dans le monde. Mais également si tous ses stéréotypes et préjugés ont de réelles conséquences sur les seniors, notamment au niveau de leur santé.
On compte de nos jours, plus de 600 millions de personnes âgées ayant plus de 60 ans dans le monde. D’ici à 2050, ce nombre atteindra 2 milliards, avec une majorité de seniors au sein des pays développés.
L’âgisme est un comportement très répandu, car cela provient des stéréotypes ancrés dans la société. Cette discrimination découle du principe que tous les membres d’un groupe sont identiques, comme, par exemple, les personnes âgées. Celle-ci a une finalité sociale et économique, du fait de légitimer et de maintenir les inégalités entre les groupes (comme pour le racisme ou encore le sexisme). Ses attitudes négatives sont fréquentes au sein des sociétés. L’âgisme pourrait même devenir la discrimination la plus répandue à travers le monde. Cela engendre des conséquences graves pour les seniors et sur la société globalement.
L’âgisme a de graves répercussions sur la santé des seniors. En effet, ses remarques nocives prouvent un dénigrement du vieillissement. Ses attitudes négatives pourraient engendrer une vie de 7,5 années moins longue que les personnes ayant des attitudes positives. De plus, l’âgisme peut provoquer un stress cardiovasculaire, une réduction du sentiment d’auto-efficacité et réduit la productivité. Cette discrimination provoque donc des problèmes de santé non négligeables sur les seniors. Ce problème provient de la société qui donne un sens péjoratif au fait de l’affaiblissement biologique.
En France, le Code Pénal sanctionne les discriminations âgistes à travers la consommation d’un bien ou d’un service, de l’exercice d’une activité économique ou par rapport au marché du travail.
Afin de faire face à l’âgisme, il est nécessaire que toutes les générations aient une meilleure information sur le vieillissement. Les connaissances sur celui-ci permettraient ainsi de contrecarrer des concepts dépassés considérant les seniors comme un fardeau.
Il serait intéressant de mettre en place diverses actions pour lutter contre l’âgisme :
Finalement, lutter contre l’âgisme, c’est améliorer les conditions de vie de nos aînés. C’est également bousculer les idées reçues, faire changer la société face au vieillissement et défendre les droits de chacun.
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